La princesse de la nuit
 
Il existe telle fleur
Qui ne s’épanouit qu’une fois l’an
Pourquoi cette humeur ?
Personne ne la connaît vraiment

Des gens de partout se déplacent
Pour voir éclore cette délicate beauté
Elle se laisse entrevoir, personne ne s’en lasse
La rareté, l’attrait de l’unique fleur fait rêver

Quand il s’agit de fleur, tous s’entendent
Pourtant, il existe tel humain, telle âme
Qui, par sa différence, sa rareté... On se demande
On se questionne, on juge, on dit des choses infâmes

Ces personnes tentent bien que mal
De trouver un sens à leur vie
Rêvant plus que tout d’être comme les autres, normal
Et d’avoir ne serait-ce qu’un seul ami

Princesse de la nuit
Cette ‘fleur’ est précieuse, mais rejetée
Pourquoi ? Elle n’est pas jolie ?
Elle aire et se heurte à la vie

Son amour est si vrai
Ses paroles sont si douces
Pourtant, personne ne veut la voir de près
De rêves en rêves, peu à peu son cœur s’émousse

Les gens différents sont des pierres précieuses
Elles se démarquent de par leur intérieur en or
Elles surprennent, elles sont mystérieuses
Elles parlent, mais les gens les laissent en dehors

La fleur, elle... Elle jouit d’être unique
La fleur change la manière de certains
Ils goûtent mieux la vie, se sentant un peu moustiques
Tous en voudraient une dans son jardin

Alors, comment faire pour rendre la tendresse
D’une âme si délicate que l’âme qui sort de l’ordinaire
Van Gogh s’est démarqué en changeant d’adresse
Il peignait comme il respirait son air

Pourtant, les autres le jugeaient
Il ne faisait pas comme eux
Donc, il était dans l’erreur, mais...
Ces ‘autres’, nous souvenons-nous d’eux ?

Michel-Ange, pendant des mois
S’assoyait devant un bloc de marbre
Son père lui interdisant de faire le moindre émoi
Les passants disant : « Paresseux, que fais-tu là planté comme un arbre ? »

Il répondait : « Je travaille... »
Ridicule, dirons-nous, et pourtant...
Il scrutait pendant des jours, des mois, cette dalle
Et un jour, il prit ses outils et sculpta David avant son combat

Je ne me vois pas comme une de ces fleurs
Je me vois plutôt comme une mauvaise herbe
Peut-être que la reine de la nuit aussi, à son heure
Pense-t-elle qu’elle n’a rien à montrer, perdant ses verbes ?

Je tends la main à ceux qui se sentent rejetés
Mis au placard, juger... Grands incompris...
Soyez fiers de vos différences, sentez-vous aimés
La rareté d’une personne en fait davantage un ami

Les gens pourront peut-être un jour vous voir comme je vous vois
Des amis, des battants, des survivants, des gagnants...
L’amour est rare dans la nuit, mais pourtant, vous semez de la joie
À toi princesse de la nuit qui, malgré les malheurs, sourit, ‘une fois l’an’